MONPAZIER-station d’épuration .Lettre d’information N°2

MONPAZIER – STATION D’EPURATION. Lettre d’information N°2.

Le projet de station d’épuration proposé par M. le Maire et son équipe aura des conséquences financières catastrophiques pour les années à venir.

Le traitement des eaux s’effectue selon plusieurs opérations. Parlons ici d’une opération particulière et spécifique: le traitement du phosphore. Le phosphore doit être éliminé des eaux usées avant leur évacuation. Une des méthodes consiste à mettre en œuvre un traitement de chlorure ferrique. Ce dernier est mélangé aux eaux usées et par réaction chimique, le phosphore est transformé en un produit inoffensif qui peut être évacué avec les boues traitées.

Toutefois, EPUR NATURE propose d’utiliser un procédé qui repose sur l’utilisation d’un minerai appelé apatite. Le phosphore est éliminé des effluents par absorption en traversant un lit d’apatite. Il s’agglomère aux granules d’apatite en les enrobant comme une seconde peau. Ceci est le procédé normal et nous ne le discutons pas.

Après 15 ans d’utilisation, l’apatite n’est plus capable d’absorber le phosphore et il est nécessaire de passer à l’étape du remplacement.

Option 1
La seule et unique recommandation faite par le fournisseur* d’apatite est le remplacement total du volume d’apatite. Ceci est la technique qui sera mise en oeuvre par la commune de Puissergier dans l’Hérault. Notez que Puisserguier possède la plus vieille installation utilisant de l’apatite en France et ceci depuis seulement 3 ans (mise en service en 2012).
Les couches de calcaire et d’apatite devront être extraites et transportées vers une usine de fabrication d’engrais située à Tarnos (64) avec l’espoir qu’elles pourront être réutilisées et transformées en engrais. Mais , à ce jour il n’existe aucune certitude concernant cette transformation.
Ensuite, les couches de calcaire et d’apatite devront être remplacées par de nouveaux matériaux. Le coût total de cette opération est estimé à plus de 200 000 euros. A elle-seule l’apatite coûte 170 000 euros (prix actuel 465 euros la tonne). Le volume pour la station de Monpazier est estimé à 364 tonnes. Epur Nature, qui connaît ces montants, ne les a jamais fait figurer dans son projet. Ni d’ailleurs la Socama qui est pourtant le maître d’œuvre de l’opération.

CES COUTS N’ONT JAMAIS ETE BUDGETISES PAR EPUR NATURE POUR LE PROJET DE MONPAZIER.

Si ces coûts avaient été inclus par Epur Nature, alors les coûts d’exploitation auraient augmenté d’au moins 13 000 euros par an. Si ce montant avait été pris en compte, leur proposition aurait été mise sérieusement en danger car trop chère.

Option 2
Mais, et toujours selon les explications d’Epur Nature, il existe une autre solution.

La couche de calcaire (33 tonnes), sera extraite en surface du lit et stockée en tas. La couche d’apatite (364 tonnes) sera également extraite et mise en tas. Les deux matériaux entassés couvriraient toute la surface de la halle de Monpazier sur une hauteur de 1,30m. Mais, en raison du manque d’espace sur le site, tout le calcaire, toute l’apatite et les engins (excavateurs, grues, filtres-épurateurs, tamis, appareils de lavage….. etc) devront être transportés vers un lieu de lavage et de traitement adapté. Après cette opération, tous ces matériaux et engins seront réacheminés vers la station de Monpazier.

L’apatite sera traitée selon un procédé qui consiste à extraire la couche de phosphore des granules. Ces derniers seront lavés, tamisés et criblés. L’eau de lavage qui contient des boues de phosphore ne peut pas être évacuée dans le Dropt. Elle doit être filtrée et les boues séchées devront être transportées vers un lieu de décharge ou de stockage ou, peut-être, vers l’usine d’engrais de Tarnos.
En final, l’apatite lavée devra être testée afin de déterminer si toutes ses capacités de filtration ont bien été restaurées. Ce n’est qu’ensuite que la couche d’apatite sera remise en place dans la station.

REMARQUE : PERSONNE, A CE JOUR, N’A TESTE CE TYPE DE PROCEDE.

Selon l’unique fournisseur d’apatite en France, cette option 2 est « peut-être techniquement faisable ». Mais dans tous les cas cette opération sera plus couteuse que le remplacement total du volume d’apatite, soit au-delà de 200 000 euros.

Malgré toutes ces informations, Epur Nature a budgétisé à hauteur de seulement 8000 euros cette option.

Quoiqu’il en soit, toute solution de traitement de l’apatite est expérimentale et le processus est très cher. Il est quasiment certain que l’offre de Epur Nature a été sous-estimée d’environ 200 000 euros. Il est intéressant de noter que ce coût sous-estimé, surviendra probablement dans un délai de 15 ans (peut-être moins !!!!). Le maire et ses adjoints ne seront certainement plus en responsabilités pour trouver les fonds et financer cette nouvelle opération.

Alors, pourquoi Mesdames Ganneray, Taudière, Dejos, Messieurs Duppi, Gipoulou, Morisse et Berlioz insistent-ils pour recommander le projet innovant et jamais testé d’Epur Nature ?

Nous ne le savons pas.

Mais alors, pourquoi nous nous posons toute ces question ?
M.Duppi et son équipe reconnaissent qu’ils ne sont pas des spécialistes. C’est pourquoi ils payent, avec notre argent, pour bénéficier des conseils d’un technicien qui devrait être impartial (neutre).
Dans notre précédente lettre nous vous expliquions que le conseiller de M.Duppi, M.Paulus est en fait, pas du tout indépendant. Il a bien des liens avérés avec la société Epur Nature, celle que M.Duppi privilégie.

Nous estimons que Epur Nature et M.Paulus n’ont pas voulu révéler les véritables coûts et les risques de la solution apatite avec lit de roseaux. Pourquoi ? Pourquoi Mesdames Ganneray et Taudière qui après leur visite de la station avec boues activées de Belvès enchantées, déclaraient : « C’est ce type de station qu’il nous faut », ont-elles changé radicalement d’avis ?

Nous ne disons pas que ce projet ne fonctionnera pas. Personne ne peut dire ça parce que ça n’a jamais été construit et mis en service nulle part dans le monde. Et personne ne peut également certifier que ça fonctionnera. Mais, que ça fonctionne ou pas, le coût pour les Monpazierois sera plus élevé qu’un modèle de station déjà éprouvé comme les boues activées.

D’où viendra le complément de 200 000 euros ? Seront-ce Messieurs Duppi, Gipoulou, Berlioz, Morisse, Mmes Ganneray, Taudière et Dejos qui paieront pour leur erreur ? Ou, seront-ce les contribuables monpaziérois, vos enfants qui devront payer ?

*Le Groupe Roullier est le seul fournisseur agrée pour l’apatite en Europe. C’est le fournisseur d’Epur Nature. Nous avons eu de nombreux échanges et conversations avec l’un des cadres supérieurs de Roullier qui confirme tout ce qui écrit dans ce document.

Edell et John Pereira.

2 Commentaires sur “MONPAZIER-station d’épuration .Lettre d’information N°2

  1. Voilà des explications très claires et de très bonnes questions posées à Duppi et son équipe. Il faut souhaiter que les rėponses soient donnėes lors du débat public. Peut on encore légalement les arrêter dans ce projet ?

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